Avec La Conciergerie, Beus ne représente pas directement la Révolution française.
Il la fait réapparaître par fragments, symboles et tensions visuelles.
L’irrévérencieuse conserve toute l’élégance aristocratique propre à la série, mais cette fois, un élément vient troubler l’image : à gauche de la composition apparaît une forme abstraite évoquant clairement le bonnet phrygien, symbole révolutionnaire devenu emblème de liberté et de renversement du pouvoir.
Et tout le sens de l’œuvre est là.
Beus confronte deux mondes :
— l’aristocratie du XVIIIe siècle
— et les signes de sa chute imminente.
Mais il le fait sans illustration littérale.
Le symbole révolutionnaire n’est pas posé sur le personnage : il flotte dans l’espace pictural, presque comme une apparition mentale ou une menace diffuse.
C’est ce qui rend la pièce beaucoup plus contemporaine et intéressante qu’une simple référence historique.
Le travail abstrait prend ici une importance majeure.
Les formes géométriques et organiques viennent casser la lecture classique du portrait et donnent à l’ensemble une dimension presque surréaliste.
On retrouve alors ce qui fait la force de cette nouvelle période de Beus :
— le dessin ultra maîtrisé au stylo Bic
— l’univers des irrévérencieuses
— les références historiques détournées
— et une construction visuelle beaucoup plus libre qu’auparavant.
La Conciergerie est une œuvre de bascule.
Une pièce où l’histoire, le symbole et l’abstraction se rencontrent dans une tension particulièrement forte.
Et c’est précisément ce type d’œuvre charnière qui attire souvent les collectionneurs les plus attentifs au parcours d’un artiste.

















































